

Les traces du passé
Dans le paysage, de toutes les industries anciennes, ce sont les entreprises extractives qui ont laissé le plus de traces dans les paysages et cela depuis l’époque protohistorique.
Mais en ce qui en concerne l’orpaillage, la médiocrité des moyens techniques d’exploitation, qui s’apparentaient plus à la cueillette, et entraient dans les calendriers des travaux ruraux, n’a laissé aucune ou peu de traces au cours des âges.
Les textes antiques, quant à eux, tout en soulignant la richesse de la Gaule ‘’ en métaux de toutes sortes ‘’, ne sont sous d’aucun secours pour la localisation géographique des zones d’extraction.
Par contre, les sources écrites abondent à, partir du XVème siècle. En effet, les métaux précieux ont suscité de tout temps in vif intérêt des pouvoirs publics.
Plusieurs édits et arrêts du Conseil, rendus depuis Louis XI jusqu’à Louis XIV, concernant l’art d’auriers, arpailleurs, cueilleurs de palioles d’or, établissent que sous ces règnes la France tirait par ce moyens une quantité d’or considérable, surtout dans le Languedoc.
Mais en ce qui en concerne l’orpaillage, la médiocrité des moyens techniques d’exploitation, qui s’apparentaient plus à la cueillette, et entraient dans les calendriers des travaux ruraux, n’a laissé aucune ou peu de traces au cours des âges.
Les textes antiques, quant à eux, tout en soulignant la richesse de la Gaule ‘’ en métaux de toutes sortes ‘’, ne sont sous d’aucun secours pour la localisation géographique des zones d’extraction.
Par contre, les sources écrites abondent à, partir du XVème siècle. En effet, les métaux précieux ont suscité de tout temps in vif intérêt des pouvoirs publics.
Plusieurs édits et arrêts du Conseil, rendus depuis Louis XI jusqu’à Louis XIV, concernant l’art d’auriers, arpailleurs, cueilleurs de palioles d’or, établissent que sous ces règnes la France tirait par ce moyens une quantité d’or considérable, surtout dans le Languedoc.
"La Gallia Aurifera"
Pour la majorité de nos concitoyens, parler de chercheurs d’or évoque aussitôt la Californie et le ruée vers l’or de 1846. Mais, comme en témoignent les historiens et géographes anciens l’orpaillage était très productif à l’époque antique et il semble avoir été pratiqué sur tous les réseaux hydrographiques aurifères des Pyrénées et d’autres massifs.
L’un des premiers à évoquer l’or de la Gaule fut :
• Théophraste, philosophe grec, (371 à 287 av JC) signale les mines gauloise d’or et d’argent
• Possidonios, philosophe grec, ( 135 à 50 av JC) affirme que les Volques Tectosages, dont la domination s’étendait jusqu’aux Pyrénées, exploitèrent les premières mines d’or de ces montagnes.
• Strabon, géographe grec, (-58 à 21 après JC) prétendait que les Pyrénées et les Cévennes renfermaient des mines d’or. Il ajoute que la source des richesses de volques tectosages était dans leur pays même car "ils habitent une terre fertile en or…"
Dans un autre passage, il parle de la région d’aquitaine occupés par les Tarbellis: "ce peuple possède d’importantes mines d’or, car il suffit d’y creuser des puits peu profonds pour trouver des lames d’or épaisses et qui ne nécessitent qu’un léger lavage. Mais en général, c’est sous la forme de paillettes et de pépites que l’or s’y présente et il n’exige qu’un travail facile d’affinage…"
• Diodore de Sicile, historien grec, (-45 à 20 après. JC), décrit un orpaillage productif « …les phéniciens et les carthaginois trouvérent tant d’or dans les Pyrénées qu’ils en mirent aux ancres de leurs vaisseaux… »
il ajoutait : "dans la Galatie (Gaule) l’argent manque totalement –(ce qui est inexact)- mais il y a beaucoup d’or : la nature le fournit aux gens sans qu’ils aient à fouiller avec difficulté ».
Les fleuves dans leurs cours font des coudes, ils se heurtent aux contreforts des montagnes voisines. Les eaux arrachent et charrient avec elles des fragments de roche et de terre remplis de parcelles d’or.
Ceux qui sont occupés à ces travaux concassent les mottes par des lavages et livrent le résidu métallique au creuset du fondeur pour en faire des objets de parure…"
L’or gaulois était donc connu du monde antique et la «Gallia aurifera» est souvent citée par ces auteur anciens, ce qui éveilla la convoitise Romaine.
• Pline l’ancien, naturaliste auteur latin, (23 à 79 après. JC),qui fut gouverneur des provinces d’Espagne confirme la richesse en or de la Gaule décrite par Diodore de Sicile.
• Plutarque, polygraphe grec, (48/50 à 120 après. JC), disait de Jules César qu’il avait conquit la Gaule avec le fer des romains et asservi la république romaine avec l’or des Gaulois.
• Ausone, en 1575, place le Tarn dans le nombre des fleuves aurifères "Aurifèrum posponet Gallia tarnem"
• Sidoine Appolinaire, à son tour, célébrait au cinquième siècle, les paillettes d’or que roule le Tarn: "meminit et tarnis fluvi auriferi"
On n’ignore pas, en effet que nos aïeux extrayaient de l’or de diverses rivières, telles que: le Ceze, le Gagneres et le Gardon (Gard) ; la Garonne ; le Tarn, le Viaur, l’Agout et l’Orival (Tarn) ;l’Hérault et l’Orb (Hérault) ;le Tech et la Têt (Pyrénées Orientales ; l’Aude, l’Orbiel et l’Orbieu (Aude) ;le Salat et l’Ariège (Ariège) …
Qui ne sait que l’Ariège roule de l’or et qu’elle en roule encore?
En parcourant, au XIX ème siècle, la vallée de l’Ariège on rencontrait souvent à demi plongés dans l’eau, des hommes occupés à remplir, avec du gravier et du sable de larges vases en bois nommés grésales, c’étaient des chercheurs d’or.
On racontait naguère que dans la vallée d’Orlu, à la naissance de l’Oriège, au lieu-dit Pic de Baxouillade, les bergers plaçaient dans les torrents des toisons d’agneaux afin de recueillir paillettes et particules d’or, puis qu’ils allaient vendre à Ax ou à Tarascon.
Aujourd’hui encore, notre pays fournit assez de parcelles de métal précieux. Depuis les années 1970-80, de nouveaux prospecteurs utilisent non plus la grésale de bois, mais la battée métallique ou plastique, mais aussi des moyens mécaniques bien mieux adaptés.
Quelques uns d’entre eux, dans les années 1980-1990, trouveront cette activité assez lucrative pour pouvoir alors en vivre.
Aussi, en modernisant un vieil adage en partie périmé, on pourrait dire que "l’Ariège produit toujours des hommes… et de l’or"
L’orpaillage, un patrimoine ariégeois
En effet, une foule d’étymologies et de traditions s’accordent à nous représenter les rivières de notre pays comme charriant de l’or, et comme ayant donné lieu, anciennement, à des exploitations assez considérables.
Le non d’Aurigera (la porteuse d’or) pour dénommer la rivière Ariège est connue dès 1540 dans l’histoire du Comté de Foix de Bertrand Hélie.
Ce qui coïncide avec la frénésie qui jeta notre région, à partir du XVème siècle dans la recherche des métaux.
En 1618, Papyre Masson dans sa description des fleuves de la Gaule n’hésite pas: «…Aurigera fluvius pyrenaerum mobilismus dicit potest qui ab auro gerendo aureum nomen habet…»
En 1609, Pierre Olhagaray, dans la préface de l’histoire de Foix Béarn et Navarre écrit:
«…de l’Auriège et l’Arget rivières aux bords dorés et argentés ? cela ne Fait-il pas foy des trésors cachés dans l’amary de ces noms …»
En 1610, Du Bartas, poète gascon, dans le sonnet III des neufs muses des Pyrénées: « …fleuve d’or et de flot et de nom et de sable… plus riche que pactol, plus que le Nil fécond… »
En 1718 , René de Réaumur , surnommé le «Pline du XVIII°» qui avait signalé à l’attention des savant que notre rivière «charieuse de paillettes» faisait que «les Ariégeois dorment sur des trésors et il ajoutait de l’Ariège …c’est à la fois une Suisse pittoresque et un Eldorado inconnu»
L’or est-il une chimère en Ariège?
Les auteurs de la Renaissance, selon François Baby, n’ont put résister à un appel doré de l’imaginaire, ils changèrent avec élan l’étymologie du mot Ariège. D’ailleurs, l’influence de Aurigera, sur Ariège s’est exercée de façon fragile et provisoire.
Nous trouvons, en effet, dès 870 de notre ère, fluvium Arega avec une ancienne racine hydronimique –ar- (cours d’eau), et ainsi de nombreuses autres attestations jusqu’au XVème siècle et après.
Certes, l’âge d’or de l’orpaillage ariégeois n’est plus qu’un souvenir. Sa réelle importance économique est très discutable. C’était, tout au plus, une activité saisonnière et complémentaire.
Bien que la réalité des sables aurifères charriés par l’Ariège et ses affluents, elle, est indiscutable.
Le XVIIIème siècle nous livre à ce propos un nombre considérable de mémoires techniques:
Dandrezet et Reaumur (1718), Charles Rollin (1738), Gardeil (1758), Guettard (1762), De Dietrich (1786) qui affirme que «l’Ariège est sans contredit une des rivières de l’Europe qui fournit le plus d’or».
Source: http://www.ariegenews.com/news/news-1-3-1680.html -article paru en novembre 2006.
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